"L'hygiène, c'est l'ensemble des mesures nécessaires à la conservation de la santé"
Si il est une réalité à prendre en compte, il s'agit bien de celle de l'état de cadavre qui a elle seule est une réalité biologique puisque dans des conditions naturelles, il est appelé à se dégrader progressivement.
C'est pourquoi les opérations funéraires, aussi bien lorsqu'il s'agit de manutention lors d'un transport de corps avant mise en bière que lors du déroulement d'un soin de conservation, doivent non seulement :
C'est la raison pour laquelle l'hygiène implique une qualité de vie liée à la propreté, la négliger nous conduirai vers une fragilisation et à terme vers une maladie.
Un professionnel contaminé peut le rester un court laps de temps et l'être en tant que porteur sain devenant ainsi une source et surtout une cause d'infection et causera un risque pour son entourage socio-professionnel.
Pour qu'il y ait risque, il faut qu'il y ait:
C'est pourquoi la manipulation d'un corps doit se faire avec le maximum de précautions car le cadavre change de PH dans le temps et s'acidifie avant de retomber dans l'alcanalité, milieux propice où les microbes aiment à se développer. Il est très important aussi à veiller à ne pas rompre la chaîne du froid (sur table réfrigérante par exemple) car cela démultiplierai les risques de contaminations par relâchements des sphincters en l'occurence génitaux.
Lors de la réalisation d'un soin de conservation, il faut prendre en compte qu'un cadavre est plus dangereux en son "intérieur" qu'en son "extérieur", c'est la raison pour laquelles les actes thanatopraxiques et les drainages exposent beaucoup le thanatopracteur et plus encore lors d'une autopsie.
Lors de l'habillage d'un corps, il est de bonne augure de ne pas "comprimer" le corps avec un pantalon trop serré car le travail de la thanatomorphose consiste souvent en une production de gaz abdominaux qui favorisent les régurgitations bucco-pharyngées et la défection post-mortem (par pression sur les sites concernés).
Les virus du SIDA, de l'hépatite A, de l'herpès ou le rota virus (qui réside dans la flore intestinale ) font courir de très grands risques au personnel; les bactéries que l'on trouve peuvent être:
En observant un minimum de précaution, il est possible de manipuler un cadavre avec très peu de risque et pour cela il convient d'utiliser:
Mais il est également important de prendre conscience de certains paradoxes qui peuvent entraîner un effet contraire à ceux recherchés comme:
Pourquoi maîtriser l'hygiène?
Certains vêtements à usage unique sont classifiés et répondent à une législation europééennes datant de 1989, rédigées dans le but de protéger le personnel en trois catégories :
Cette troisième catégorie est divisée en six types pour aider à différencier le vêtement adapté à l'utilisation:
Les classes prennent en compte la résistance dans le temps et à la perméation:
Tous les Equipements de Protection Individuelle sont soumis à des normes européennes appelées CE ou EN, ces normes peuvent être complétées par des compléments nationaux (en France il s'agit de l' AFNOR) ou professionnels comme l' OPBTP, ces additifs ne sont que des compléments et ne portent aucune obligation légale.
La Directive Cadre 89/391/CEE dit que" l"employeur a le devoir d'assurer la sécurité et la santé des travailleurs de son entreprise" et c'est ainsi que la Directive 89/656/CEE définit les équipements de protection individuelle et leur utilisation.
Cette directive oblige l'employeur par une note de la Directive Européenne et de la modification du Code du Travail, article L233 et les suivants ainsi que la loi n° 91-1414 du 31/12/1991 à :
Dans notre profession (thanatopracteurs), les normes importantes concernent surtout les masques et leurs filtres :
Classe d'utilisation des filtres :
En ce qui concerne les gants, de plus en plus de professionnels de la santé deviennent allergiques au latex (à commencer par moi-même!), ces derniers répondent aussi à des normes précises et selon le type de travail que vous comptez réaliser, il convient de choisir une sorte de gants selon que vous procéderez à un soin de conservation, une exhumation, un transport de corps, un montage ou démontage de monument etc...
On range les gants en deux classes:
Les niveaux de performance sont classés dans un ordre croissant de 1 à 4 ou 5.
En ce qui concerne notre profession funéraire et quel que soit l'activité choisie, il est préférable de choisir des gants qui protègent contre les risques mécaniques (Norme EN 388), contre les risques chimiques (Norme EN 374-3) et contre les micro-organismes (Norme EN 374-2) et éventuellement contre le froid pour les fossoyeurs qui creusent une fosse en plein hiver par exemple (Norme EN 511).
Pour les gants protégeant contre les produits chimiques et les micro-organismes (EN 374-2), il convient de préciser que la pénétration est calculée selon le temps que met le micro-organisme ou le produit chimique à passer à travers les imperfections du matériau ou les porosités d'un gant.
Le temps de passage est le temps nécessaire en minutes que mettent les molécules d'un produit à traverser la membrane protectrice du gant.
La perméation quant à elle est la diffusion, à l'échelle moléculaire, du produit chimique à travers le matériau constitutif du gant.
Certains film en caoutchouc ou en plastique apposés sur le gant ne constituent pas forcément une barrière, certains agissent comme des éponges en absorbant les liquides et les compressent contre la peau et c'est pour cette raison que le temps de passage d'un liquide est important dans le choix de vos gants.
La norme STANDART PR EN 420 comprend des exigences générales telles que :
La norme STANDART PR EN 511 comprend des exigences générales telles que :
A. Résistance au froid convectif
B. Résistance au froid de contact
C. Résistance à l'eau et ce à 2 niveaux distincts, le premier mentionnant le chiffre 0 qui signifie une pénétration de l'eau au bout de 30 mn et le deuxième mentionnant le chiffre 1 qui signifie qu'il n'y a aucune pénétration après 30 mn.
La norme STANDART PR EN 407 mais qui ne concerne pas notre activité, comprend des exigences générales telles que :
A. Résistance à l' inflammabilité
B. Résistance à la chaleur de contact
C. Résistance à la chaleur convective
D. Résistance à la chaleur radiante
E. Résistance à de petites projections de métal en fusion
F. Résistance à d'importantes projections de métal en fusion
La norme STANDART PR EN 388 comprend des exigences générales telles que :
Les gants doivent protéger contre les risques mécaniques qui peuvent être de nature :
Enfin pour la Norme STANDART PR EN 374-1 (Terminologie et performances requises) , 374-2(résistance à la pénétration) et 374-3 (résistance à la perméation), les indices de protection sont numérotés de 1 à 6 en fonction du temps de passage mesuré et selon les classes suivantes :
Classe 1 : Inférieur à 10 mn
Classe 2 : Inférieur à 30 mn
Classe 3 : Inférieur à 60 mn
Classe 4 : Inférieur à 120 mn
Classe 5 : Inférieur à 240 mn
Classe 6 : Inférieur à 480 mn
Bien choisir son matériel comme les gants, les lunettes (anti-buée pour ceux qui portent déjà des lunettes), les masques, les chaussures de sécurité pour les marbriers et fossoyeurs par exemple et encore les tenues à usage unique permet de minimiser les risques inhérents à notre profession et d'envisager la tâche sereinement sans risques démesurés. On y gagne en confort, en sureté et en qualité de travail.
Pour les professionnels de la marbrerie et du fossoyage, sachez qu'il existe des normes bien précises en fonction de la tâche que vous avez à accomplir et des risques que cela comporte .C'est la raison pour laquelle il existe 3 normes concernant les chaussures de travail et notamment :
Norme EN 345-1 :
Norme EN 346-1 possède les mêmes caractéristiques sauf que la coquille doit résister à 100 joules au lieu de 200
Norme EN 347-1 possède les mêmes caractéristiques sauf qu'il n'y a aucune coquille
Sachez enfin que les gants en PVC, néoprène, nitrile et caoutchouc naturel possèdent une excellente résistance chimique contre le FORMOL (HCHO).
QU'EST CE QUE L'INFECTION ? :
L'infection est un conflit entre un micro-organisme et un individu, le micro-organisme est l'agent agresseur et il agit selon deux modes:
Ces toxines sont divisées en trois groupes en fonction de leur site d'action :
Les toxines sont généralement véhiculées par le sang et agissent sur les organes avec lesquelles elles possèdent une affinité. Les endotoxines qui se libèrent lors de la destruction des bactéries Gram- n'agissent pas sur un organe cible mais sur l'ensemble de l'organisme et provoquent un état de choc septique, une chute de tension et une hypothermie.
Parmi les modes de défense, certains existent naturellement et sont innés, d'autres au contraire peuvent s'acquérir au cours de la vie.
La protection mécanique du corps humain est assurée par la peau et les muqueuses qui constituent des frontières qui nous séparent du milieu extérieur, cette barrière mécanique est complétée par des produits de sécrétion de la peau et des muqueuses qui ont une action chimique (salive, larmes, sucs gastriques, enzymes digestifs etc).
Bien souvent le mode d'accès est une plaie non désinfectée et cela peut être suivi :
Dans certains cas, il n'y a pas de violation du tissu cutané mais lors de maladies qui affaiblissent considérablement l'organisme et les défenses du corps, cela permet le développement de maladies dites "opportunistes" comme le virus de la grippe ou de la tuberculose.
La résistance naturelle existe dès le premier contact avec un agent pathogène et ne possède aucun caractère de spécificité. Elle a pour but de s'opposer à la pénétration dans l'organisme puis d'empêcher la diffusion et la multiplication du microbe.
On distingue quatre niveaux de résistance:
Lorsqu'un microbe pénètre l'organisme, il va se produire une "réaction inflammatoire" locale qui sera caractérisée par une rougeur, une chaleur, une tumeur et une douleur; le but de l'inflammation étant de cloisonner et limiter l'extension du foyer infectieux.
Lors de la pénétration par le microbe dans le corps, celui-ci introduit des substances appelées antigènes et qui seront reconnues comme "étrangers" par cet organisme. C'est ainsi qu'on distingue les antigènes particulaires qui se fixent à la structure des microbes et les antigènes solubles qui sont excrétés dans le milieu environnant.
L'organisme va donc réagir à ces antigènes en fabricant dans un premier temps des anticorps et ensuite en faisant intervenir des cellules spécifiques que l'on nomme "l'immunité à médiation cellulaire".
Conclusion :
Comme je l'avais mentionné dans le numéro 24 du mensuel Reson@nce d'octobre 2006 , il me paraît primordial de travailler dans des locaux techniques "adaptés" comme des laboratoirs de funérarium ou des salles d'autopsie dans des hopitaux.
Il s'agit là avant tout d'une question d'amour propre car travailler hygiéniquement et méthodiquement illustre le professionnalisme et le respect que tout opérateur, qu'il soit agent funéraire, thanatopracteur ou fossoyeur (d'autant plus encore), se doit d'avoir tant envers la dépouille, soi même et la famille du défunt.
Personnellement je trouve abhérent que l'on puisse encore faire des soins de conservation à domicile dans une chambre (quand ce n'est pas directement sur la table de la salle à manger ou de la cuisine), qu'en est il des moquettes murales ou au sol, des atmosphères surchauffées et réduites qui accueilleront parfois plus de 10 personnes durant les 3 ou 4 jours qui précèdent les obsèques ?!
Ce n'est certainement pas une table réfrigérée qui fera en sorte de diminuer les risques pathogènes de contamination liée à la thanatomorphose du corps...
Pourquoi imposer aux gérants de funérariums des normes ultra strictes lors de la construction de leur complexe funéraire si d'un autre côté on laisse faire ce genre de soins dans un domicile ?
Bien entendu, le fait de faire rappatrier le corps du domicile dans un établissement de santé ou un funérarium (au moins le temps pour le thanatopracteur de faire un soin digne de ce nom) et de le ramener ensuite au domicile engendrerai un coût supplémentaire aux familles.
Mais soyons sérieux, les professionnels que nous sommes en sortiraient grandis, certains n'ont pas attendus qu'on l'ecrive pour le faire. Selon mon confrère et ami Paul Clerc, ce dernier m'indiquait que la Régie des Pompes Funèbres Municipales d' Arles le pratique couramment depuis les années 1980.... Comme quoi cela avait déjà suscité quelques interrogations à une époque où l'hygiène n'ocupait pas l'importance qu'on lui voue actuellement.
Autre problème (vous pouvez en débattre en créant une rubrique dans le "Forum"), celui des certificats médicaux de décès qui sont encore trop souvent remplis en dépit du bon sens et qui ne stipulent pas forcément (ou alors dans la partie cachée réservée à l'INSEE), que le défunt était porteur d'une maladie contagieuse interdisant la pratique des soins de conservation. Si le certificat médical de décès était correctement rempli, il apporterai des solutions d'"hygiéne" et de "salubrité" acceptables et crédibiliserai notre profession.
Enfin, considérez que chaque corps traité possède un risque potentiel de contamination, redoublez de vigilance pour vous d'abord, pour votre famille et collègues ensuite.... A bon entendeur....
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