A la lecture de différents ouvrages concernant la mort dite physiologique (*), on s’aperçoit que selon l’époque à laquelle les écrits ont été faits, les définitions ne sont jamais les mêmes.
En effet, les techniques de constat de mort, les progrès de la médecine et les connaissances médicales ne font que reculer toujours plus loin le moment fatidique que tout être vivant connaîtra un jour !
Si l’on s’en réfère aux nombreux sites Internet traitant des E.M.I (Expériences de Mort Imminente ou N.D.E pour Near Death Experience en anglais), il y en a un qui sort considérablement du lot du fait des scientifiques de renom qui en font partie et de la qualité de leurs interventions.
les médecins et les psychologues du Centre d’ Étude des Expériences de Mort Imminente (C.E.E.M.I) ont caractérisé l’E.M.I selon un mode d’échelle correspondant à la profondeur du « voyage » et qui comprend les niveaux suivants :
Le danger de mort
La sortie hors du corps
La traversée d’un « tunnel » débouchant sur une lumière
Le panorama de vie
La connaissance totale
La rencontre d’entité, d’ « éléments paradisiaques ou de messages »
La frontière non franchie
Le retour accepté ou subi
Dans de nombreux cas de figure, le retour à la vie de ces personnes aurait toujours été très positif et chacun d’eux aurait voué son existence au service de son prochain et ceci est la caractéristique principale de l’E.M.I.
Ces mêmes récits qui pour la plupart d’entre nous paraissent utopiques et issus d’une imagination fertile furent pourtant mentionnés par le passé par Platon, Plutarque ou encore le Pape Saint Grégoire Le Grand. Des religions comme le Bouddhisme enseignent certaines de ces étapes en tant qu’intervalles entre les réincarnations !
Et le fait est qu’actuellement encore, il est bien difficile de donner une définition avérée de la mort.
Paul Clerc, dans son manuel parle « d’effondrement du trépied vital (conscience, circulation, ventilation) et cessation définitive, cellulaire de tous les processus actifs d’échanges et transformations chimiques métaboliques ».
On parlera de mort clinique lorsqu’un médecin constatera les premiers signes d’apparition de cette dernière (de manière brutale ou au terme d’une longue agonie) comme la disparition du regard avec une mydriase bi latérale, la cessation de ventilation et de mouvements abdominaux. Et même si l’arrêt respiratoire est considéré par la plupart des individus comme la preuve irréfutable de la mort, l’arrêt cardiaque n’en demeure pas moins révélateur.
La Circulaire 32 du 3 février 1948 et celle du 19 septembre 1948 rendaient d’ailleurs obligatoires avant de procéder à une autopsie précoce le Test d’ ICARD (**) qui consistait à injecter de la fluorescéine ammoniacale dans une veine, si cette dernière apparaissait dans la conjonctive des yeux quelques minutes plus tard, c’était la preuve d’une circulation donc de vie ! Le Test de REBOUILLAT (1958) consistait quant à lui en l’injection d’une solution de 2 cc d’éther en intramusculaire, si l’éther ressortait sous forme de jets, le diagnostic de mort était avéré…
On pratiquait aussi l’artériotomie, signe cardinal de la mort, car l’absence de sang dans les artères ne pouvait induire qu’un diagnostic de mort irréfutable (1)
Le terme de « mort encéphalique ou cérébrale » n’est apparu qu’en 1959 lorsque les Docteurs Goulon et Mollaret ont décrit les « comas dépassés » qui survenaient lors des réanimations et c’est ainsi que Marc-Alain Descamps (2) Professeur de psychologie et Président du C.E.E.M.I, explique que l’on accorda soudainement plus de crédit au cerveau qu’au cœur mais ce fondement était plus d’ordre philosophique que physiologique.
Mais pour que la mort, telle qu’elle est écrite sur un certificat de décès, soit réelle et constante, le législateur a prévu une définition officielle récupérant mot à mot la description des Docteurs Mollaret et Goulon et dans laquelle trois conditions indispensables au diagnostic de « mort administrative » doivent être constatées :
Abolition contrôlée de la respiration spontanée et de toute activité des nerfs crâniens et perte totale de conscience à l’exception des réflexes du tronc et des membres, E.E.G plat pendant 3 minutes
Élimination des étiologies simulatrices comme intoxication, hypothermie et troubles métaboliques
Un délai d’observation minimale mais variable selon l’étiologie où ces signes sont constants
Néanmoins, malgré les signes désignés comme irréfutables par la Circulaire Jeannenay n° 27 du 24/04/1968, cette définition reste vague. Selon le Docteur Descamps, il semblerait qu’environ 39 % des français considèrent qu’il ne s’agit pas de mort véritable lorsque l’électroencéphalogramme est plat et qu’il demeure un battement cardiaque pourtant artificiel car assisté par une réanimation lourde.
L’intérêt de maintenir ces personnes « en vie » réside dans le fait que l’on puisse prélever leurs organes « sur cœur battant » (même si les autres fonctions sont totalement abolies) et ces derniers constituent donc des donneurs d’organe(s) potentiels.
C’est pourquoi le temps d’observation nécessaire d’un Electro Encéphalo Gramme (E.E.G) est passé de trois à trente minutes et à présent on parle de deux E.E.G à six heures d’intervalle par deux médecins différents ! Cela conduit donc à chercher d’autres critères de mort cérébrale incontestables.
Puis, interviennent « les morts » pourrait on dire, tout d’abord la mort physiologique ou cadavérique ave le trio RIGOR-ALGOR-LIVOR (Rigidité, Algidité, Lividité) puis la mort biologique avec la mort des cellules (3), l’autolyse (transformations fermentatives sans intervention bactérienne par dégradation des lipides, hydrate de carbone et protides), la production de nitrogène sulfuré et de méthane bien que ces phénomènes ne se produisent pas systématiquement car que dire des corps myroblites, incorruptibles ou de ceux présentant des odeurs « célestes » (4).
Enfin intervient la mort fonctionnelle, le Docteur Descamps explique que toutes les fonctions ne sont pas encore abolies. On constate que certains cadavres présentent parfois un allongement de la barbe ou des cheveux …
« Les rescapés de la mort et les témoins d’expérience de Mort Imminente ne disent pas autre chose. Ils ont été dans des zones frontières, à la porte de Thanatos, aux confins de la mort […], les témoins d’E.M.I ont commencé à mourir en franchissant les premières étapes, mais jamais les dernières ; cette découverte au sujet de la nouvelle science occidentale de la mort était déjà bien connue par les Tibétains. Leur étude expérimentale du processus de mourir les avait amené à conclure qu’il faut parfois 49 jours pour que le processus du mourir soit complètement achevé, c’est ce qu’expose leur livre de la mort et de la vie (Bardo-Thöfol) ».
Les médecins se limitant à la seule science, ne peuvent que constater et déterminer l’instant de la mort sans toutefois pouvoir dire ce qu’elle est car ceci rejoint plus la philosophie que la science.
Bichat avait souligné l’existence du trépied vital et de l’interdépendance du cœur, du cerveau et des poumons et définissait la vie comme « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort »…
Bibliographie :
L’artériotomie met en évidence l’absence de sang dans les artères ce qui entraîna une confusion des anciens anatomopathologistes qui en disséquant ces vaisseaux vides sur les cadavres, pensaient qu’ils servaient à véhiculer de l’air, d’où ARTERA (artère)
« Les témoins de la lumière » de Marc-Alain Descamps
Claude Bernard disait « les cellules vivent ensemble et meurent séparément »
« La mémoire du soleil, aux frontières de la mort » Hubert Larcher aux Éditions Désiris, (1990). Ce livre est issu de sa thèse de médecine et distingue entre autre la différence entre la biostase (vie suspendue ou mort apparente qui est un état réversible et parfois volontaire) et la thanatose (ou dormition) qui est l’arrêt complet et irréversible de la vie fonctionnelle avec conservation de l’intégrité organique.
(*)« Nouvelles Études Anthropologiques » de Louis Vincent Thomas
Hubert Larcher est médecin, licencié en philosophie et fut le rédacteur en chef de la Revue Métapsychique et secrétaire scientifique de l’ Institut Métapsychique International de 1966 à 1990 . Il dirigea l’IMI de 1977 à 1995. On lui doit la création de la Société de Thanatologie.
(**) Le Docteur marseillais Icard avait trouvé un autre procédé pour confirmer l’état de mort, il consistait à former un tracé, sur un fragment de papier, des traits à l’aide d’une solution d’acétate de plomb (10 grammes pour 20 cm3 d’eau distillée très pure). Ces lignes sont invisibles à l’œil nu, le papier blanc est placé devant les narines de la personne présumée morte.
Si le décès est réel, les signes avants-coureurs de la putréfaction sont le dégagement, par les voies respiratoires, de faibles quantités d’hydrogène sulfuré.
Ce gaz qui n’est jamais émis par un vivant, joue alors le rôle de révélateur et fait virer au noir les traces d’acétate de plomb déposées sur le papier.
Régis Narabutin
(Certaines précisions et certains éléments m'avaient été communiqués par Paul Clerc, notamment la définition de l'artériotomie et l'existence du Centre d'Etude et d'Expérience sur les Morts Imminentes)
Vous devez être connecté pour poster un message.