Pompéï

 POMPEÏ......

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est en 79 après Jésus-Christ, le 24 août, sous le règne de Titus (39-81 après J-C, fils de l' Empereur Vespasien) exactement que le Vésuve, le célèbre volcan du Golf de Naples se déchaîna et ensevelit complètement trois villes mythiques...Herculanum, Stabies et Pompéi.
Herculanum ne fut pas reconstruite car elle était recouverte par plus de 15 mètres de boue solidifiée et particulièrement compacte pas plus que Oplontis et Taurania. Stabies quant à elle fut partiellement reconstruite car moins touchée; en revanche Pompéi fut complètement oubliée pendant près de dix-sept siècles jusqu'à cette année 1703 où les fouilles entreprises alors pour localiser la ville de Stabies (Stabiae) révélèrent une inscription faisant état de la « Respublica Pompeinorum » autrement appelée Pompéi.

Les recherches furent rendues particulièrement difficiles du fait de la matière qui recouvrait la Cité endormie sous plus de vingt mètres parfois non pas de cendres mais d'une concrétion de projections volcaniques appelée « lappili ». Ce matériau était composé de fragments de lave éjecté lors de l'éruption du Vésuve formant ainsi une couche épaisse et dense appelée la « pouzzolona » qui en se solidifiant formait à son tour le fameux « Tuf  volcanique » de couleur rouge ou noire, matériau servant dans l'antiquité à la création de certaines sculptures.
Mais les recherches ne commencèrent effectivement qu'à partir du 23 mars 1748, date à laquelle on découvrit des monnaies, des statues, des fresques et...Un corps!

C'est au XIX ème siècle que l'on mit au jour les plus grands et les plus importants édifices de Pompéi tels que la Basilique, l' Amphithéâtre ou encore les murs d'enceinte qui bordaient la ville engloutie et longtemps les indices retrouvés sur le site d' Herculanum firent penser que Pompéi n'était qu'une villa ayant appartenu à Pompée...célèbre adversaire de César!

En 1860, le Roi Victor Emmanuel II de Savoie, le premier Roi d'Italie et surnommé alors Padre Della Patria (Père de la Patrie) grâce au Traité d'unification de l'Italie nomme Giuseppe Fiorelli, célèbre archéologue napolitain, au titre de Directeur des fouilles de Pompéi.

Fiorelli réorganise méthodiquement les fouilles qui ressemblaient jadis plus à une chasse au trésor qu'à des recherches archéologiques, il répertorie toutes les découvertes en notant précisément le lieu, la position et la profondeur des objets retrouvés et décida de laisser les fresques découvertes « in situ » pour ne pas en altérer leur beauté.

Il ordonna même le nettoyage des rues et réparti Pompéi en secteurs eux même divisés en « insulae » (petits groupes de maisons) et il attribua à chaque maison et à chaque édifice un numéro d'identification qui reste valable encore aujourd'hui, tout cela représentant une surface de plus de soixante-six hectares et trois kilomètres de murs d'enceinte!

Après avoir découvert des centaines de corps pétrifiés à jamais, il mit au point une technique de moulage inédite qui consistait à introduire du plâtre liquide dans les espaces vides qui séparaient le corps de la gangue de cendres chaudes et les couches de pierre ponce qui s'était déposée sur les corps tantôt endormis, tantôt dans une position de protection, de fuite ou de douleur.

Cela permit de mettre au jour le détail des expressions des visages des 1100 corps retrouvés, leur position , les empreintes des vêtements, la reproduction de certains meubles et les attitudes de certains habitants de la Cité lors de cet effroyable cataclysme.

Les spécialistes évaluèrent les pertes d'alors à près de vingt mille victimes liées directement à l'éruption du célèbre volcan.

Le nettoyage des rues permit en outre de relier les maisons entre elles mais surtout d'établir un plan précis de la Cité Napolitaine.

Les sculptures retrouvées à Pompéi étaient plutôt de style ornemental, elles servaient à la décoration des atriums ou des villas, les plus grandes d'entre elles avaient un rôle célébratif en dévotion à un dieu ou une déesse particulière et le matériau employé était majoritairement du bronze, du marbre, de la terre cuite et même du tuf...certainement d'origine volcanique !

A cette époque, les fouilles permirent de découvrir (au sens propre du terme), les thermes centraux, le lupanar (maison close de jadis), la Maison des Noces d'Argent et ce n'est qu'en 1893 que Guillio De Petra découvrit le déchiffrage des « tabulae ceratae » autrement dit les comptes de caisse du banquier Caecillius Jocondus; c'est aussi à cette période que furent mises à jour les Villas de Lucretius Fronton, des Vetii ainsi que la Villa des Mystères (1).

 

Ettore Pais et Antonio Sogliani, autres archéologues, mirent au jour la Maison de l'Ara Massima, la Maison des Amours Dorés et les Tombes d'Esquillia et de l'Edile Vestorius Priscus quant à Vittorio Spinazzola, il se concentra sur le « réseau routier » et les façades des maisons donnant ainsi une meilleure vision de l'urbanisme de l'époque.

On lui doit aussi la découverte de la Maison du Cryptoportique, les Maisons des Cei, de Trebius Valentinus et de Loreius Tiburtinus.

La Villa de Popée fut explorée par Alfonso De Franciscis et il permit de mettre à jour des fresques et des peintures d'une incroyable beauté et la plus grande statue jamais découverte à Pompéi a eue lieu grâce à Fausto Zevi en 1978.

A présent, on pense qu'il reste environ 1/5 ème de la ville à découvrir mais tout ce qui a été dégagé jusqu'alors nous a permis de découvrir non seulement une ville mais une architecture, une urbanisation, un mode de vie, des us et coutumes etc.

Les techniques de fouille modernes intéressent autant le biologiste que l'archéologue, le paléontologiste que le biologiste ou le chimiste, le physicien ou encore l'anthropologue et les recherches entreprises à présent nous permettent de comprendre ce qu'était la vie à Pompéi autrement appelée par les Romains « Terre des Dieux » pour sa proximité d'avec la Mer Méditerranée, sa fertilité (grâce aux sols volcaniques qui permettent la culture notamment de la vigne) et son climat particulièrement agréable.
Pompéi, fondée probablement au VI ème siècle au pied du Vésuve, devait certainement être une terre prospère et attirait bon nombre d'habitants, elle fut ensevelie entièrement le 24 août 79, faisant un grand nombre de victimes et depuis 1997 elle figure au Patrimoine Mondial de l'UNESCO avec les Villes d'Herculanum et Torre Annunziata....

 

  1. La Villa des Mystères était nommé ainsi en référence au culte que l'on y pratiquait alors; en effet, la propriétaire des lieux semblait porter une dévotion particulière au culte de Dionysos d'après les fresques retrouvées dans sa Villa.

La célébration de ce culte avait été interdite par le Sénat à travers l'affaire du «  Scandale des Bacchanales » en 186 avant J-C car ce culte, à l'origine Grec, attirait toutes les couches de la Société car il mêlait l'ivresse, l'érotisme, la fertilité universelle, les expériences inoubliables provoquées par l'arrivée des morts et l'immersion dans l'inconscient animal ou encore l'extase. Tout cela surgissait d'une même source...DIEU!

Dionysos était un dieu proche des humains et son contact permettait de surpasser la condition humaine car lui même était né d'un Dieu (Zeus) et d'une femme humaine (Sélémé) et sa fonction était d'établir la jonction entre le monde des vivants et celui des morts accompagné par Perséphone. Il était un Dieu mortel tué par Persée et l'expérience religieuse qu'il suscitait menaçait tout style d'existence et l'univers de valeurs que la Cité avait alors créée. Il fut le Dieu des Torches, symbole de la Lumière et il était souvent représenté soit par un taureau soit par un phallus qui symbolisaient à eux deux la puissance et l'énergie de la nature; les rites le symbolisant étaient souvent nocturnes et de nature orgiaque dans les forêts et éloigné des villes car ces adeptes entraient dans des transes effrénées.

Ces rituels symbolisaient la LIBERTE et la SPONTANEITE au-delà des interdits classiques de la société et de la morale et c'est la raison pour laquelle Rome avait fait interdire ce culte de peur qu'il ne prenne de l'ampleur et ne cache un complot contre la République.

Ce scandale conduisit à environ sept mille dénonciations , tortures, emprisonnements et bannissements et ce ne fut que sous Jules César, après cent cinquante ans d'interdiction, qu'il fut à nouveau autorisé.

Le plus important témoignage sur le culte des Dionysiaques est attesté par la pièce d' Euripide « Les Bacchantes ».

Le Carnaval actuel est un « héritage » des Bacchanales, des Saturnales (Fêtes célébrées en l'honneur du Dieu Saturne où tout semblait permis) et des Lupercales des Anciens. (En l'honneur du Dieu Faunus Lupercus, chaque citoyen nourrissait secrètement un vœu qu'il souhaitait voir devenir réel grâce aux pouvoirs du Dieu Faunus qui présidait à l'évènement. Ce culte offrait le sacrifice dans la grotte de Lupercal, de la virginité d'une jeune fille qui devait rester immobile sur un attribut viril de la statue de Faunus Lupercus jusqu'à ce que le sacrifice d'animaux par les prêtres (par immolation) soit terminé) .

 

Régis Narabutin, Artisan thanatopracteur.

 

 

 

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 12/03/2009